Takashi-San : Sourcing du thé — Shibushi, Kagoshima
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Takashi-San : Sourcing du thé — Shibushi, Kagoshima
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À Shibushi, ville de la péninsule d'Osumi tout au sud de la préfecture de Kagoshima — aujourd'hui la première région productrice de thé du Japon — se trouve la maison de thé familiale que nous sourçons depuis plusieurs années. Au cœur de cette maison se trouve Takashi-San, oncle de l'actuel dirigeant de l'entreprise. C'est lui qui incarne aujourd'hui le savoir-faire vivant du domaine : c'est lui qui décide du moment de la cueillette, qui suit la transformation des feuilles étape par étape, et qui reste, au sein de la famille, le véritable gardien du goût de ses thés.
Takashi-San résume sa conception du métier par une conviction simple : ce qui est bon pour l'environnement est bon pour les hommes. Plutôt que reculer devant la peur de l'échec, il pousse toute l'équipe à se demander en permanence ce qu'elle peut faire, ici et maintenant, pour produire la meilleure feuille possible — pour l'environnement comme pour la communauté locale. Cette philosophie se traduit concrètement par une exigence de zéro déchet : feuilles, nervures et tiges sont toutes transformées en différentes catégories de thé, et les résidus de fabrication retournent à la terre sous forme d'engrais. La maison est d'ailleurs certifiée Rainforest Alliance, en complément de sa démarche de lutte intégrée contre les nuisibles.
Son rapport au thé est aussi profondément personnel et rythmé par les saisons : il aime observer les cerisiers en fleurs au printemps en bordure des théiers, ou les feuilles gelées qui dégèlent doucement au soleil en hiver. Quand il a besoin de se concentrer, il prépare volontiers un sencha plus corsé, avec moins d'eau — un petit rituel qui en dit long sur l'attention de tous les instants qu'il porte à sa propre production.

L'histoire commence il y a environ 70 ans, quand le père de Takashi-San décide de cultiver du thé sur une petite parcelle de moins d'un hectare, avec l'idée d'en faire du thé noir japonais, le wakôcha.

Son frère reprend et développe le domaine : il multiplie les jardins, construit ses propres usines de transformation et de conditionnement, et élargit la gamme à plusieurs types de thés verts ainsi qu'à un oolong japonais. C'est en voyant les effets des pesticides sur la nature et sur les hommes qu'il décide de trouver une autre voie. L'observation d'un typhon, qui avait naturellement chassé les nuisibles de ses parcelles, lui donne une idée : reproduire cet effet par la mécanique. Après dix années de recherche, il met au point le « Hurricane King », une machine qui combine pression d'eau et d'air pour éliminer les insectes nuisibles sans aucun produit chimique, puis le « SL Steam Buster », qui désherbe par vapeur à haute température. Sa persévérance porte ses fruits : le domaine s'étend sur 130 hectares, et l'un de ses rêves — voir Kagoshima devenir la première région théicole du Japon — finira par se réaliser.
La troisième génération, le neveu de Takashi-San, formé en école de commerce et passé par un grand groupe de thé japonais avant de rejoindre l'entreprise familiale, prend la direction de la maison en 2018. Il poursuit la voie tracée par son père en créant les « Cha Rangers » (茶畑戦隊 茶レンジャー, littéralement « l'escouade du champ de thé »), un clin d'œil assumé aux séries japonaises de super-héros en équipe façon sentai. L'idée fondatrice tient en une phrase : « un bon thé naît d'un environnement sain ». Chaque machine de cette escouade mécanique est conçue maison pour réduire le recours aux produits chimiques : outre le Hurricane King, on trouve le Blanjet, qui projette de l'eau et du son de riz sur les plants pour empêcher la ponte des cochenilles, et le Steam Buster SL, qui détruit les mauvaises herbes par vapeur à 270–300°C. Certaines de ces machines sont uniques et ne sont utilisées nulle part ailleurs au Japon. Convaincu que la durabilité est la condition pour que les générations futures continuent de boire du thé, il porte aussi deux nouvelles lignes : l'une pensée pour redonner le goût du vrai thé aux consommateurs de thé en bouteille, l'autre une gamme de thés d'origine unique destinée aux amateurs les plus exigeants.

L'entreprise familiale est fondée en 1948. En 1982, une gelée tardive sévère détruit une nuit entière de récolte — un épisode que la famille décrit elle-même comme « une leçon coûteuse mais précieuse ». C'est un événement climatique distinct du typhon qui, plus tard, inspirera au père de Takashi-San l'idée du Hurricane King ; on peut néanmoins y voir un lointain écho dans le taux d'équipement en arroseurs anti-gel du domaine, aujourd'hui parmi les plus élevés du Japon. La marque commerciale de la maison naît en 1989, avec l'ouverture du premier magasin à Ariake : au-delà de la fabrication, l'idée est aussi d'observer directement les réactions des clients face au thé.
Les décennies suivantes voient l'entreprise se structurer : une usine de conditionnement dédiée est créée en 2005, un nouveau point de vente ouvre en 2007. En 2008, le Hurricane King entre en service. En 2009, le domaine engage des recherches sur un engrais fermenté à base de bactéries lactiques pour les feuilles de thé. En 2015, l'ensemble atteint sa taille actuelle : 120 hectares en gestion directe et 100 hectares en fermage, avec la construction de ce qui est présenté comme l'une des plus grandes usines de thé vert du Japon.

Le savoir-faire de la maison a été reconnu à plusieurs reprises, notamment par un Special Jury Prize au Nihoncha Award 2016. Le domaine a aussi été distingué par le ministère japonais de l'Agriculture, des Forêts et de la Pêche (1994, 1997) et par l'association japonaise du thé (2001). Sa démarche a été suivie par la presse et la télévision japonaises à de nombreuses reprises depuis 2007, jusqu'à la visite en 2015 d'un membre du gouvernement japonais alors en déplacement dans la région.

Aujourd'hui, c'est cette maison qui élabore pour nous notre Genmaicha, notre Bancha, notre Sencha Kagoshima, notre Matcha Hojicha, ainsi que notre fabuleux Matcha Kagoshima. On lui doit aussi notre Oolong Kagoshima, réputé pour ses accords thé-mets, et de nombreuses récoltes ponctuelles de printemps, notamment nos Fukamushi.
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