La course au thé

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LA COURSE AU THE

Acheminer le thé était crucial dans la guerre économique que se livraient les différents pays.

La suprématie de leur flotte avait octroyé aux anglais plusieurs coudées d’avance. Le traité de Nankin, à l’issue de la première guerre de l’opium qui concédait l’accès à de nouveaux ports en Chine, allait accélérer la révolution maritime.

En 1845, les américains commettent un crime de lèse-majesté en lançant un clipper, véritable lévrier des mers : ce Rainbown était capable de faire un aller retour New York- Canton en huit mois. Consternation dans le camp anglais !

2 ans plus tard, les anglais répliquent avec le Stornaway, construit dans les chantiers navals d’Aberdeen, en Ecosse : moins de 100 jours de voyage !

Qui dit mieux ? L’Oriental, un clipper américain qui, 3 ans plus tard, part de Hong Kong pour entrer dans le port de Londres auréolé de la gloire de quelques jours de navigation en moins.

Dès lors, la course entre les 2 pays est engagée, chaque nouveau clipper rivalisant d’innovations performantes. L’enjeu économique était de taille : le premier arrivé avec les récoltes de l’année, cueillies en mai, pouvait satisfaire la demande pressante d’un marché avide de thé, dès le début de l’automne. Cette lutte économique prit une allure sportive mais fair-play. Des courses sont, en effet, organisées entre les différents clippers. Le 28 mais 1866, 40 vaisseaux vont se livrer une lutte sans merci pendant 3 mois. L’arrivée, jugée au finish sur la Tamise, consacrera la victoire du Teaping, vaisseau anglais, qui facturera sa cargaison au prix fort sous les hourra de la foule. Au départ comme à l’arrivée, cependant, aucun vaisseau américain : les clippers avaient été construits trop vite, avec du bois vieillissant mal, et beaucoup d’entre eux avaient aussi été détruit pendant la guerre de sécession (1861-1865).

En une dizaine d’années, la flotte anglaise avait retrouvé sa suprématie. D’autres concurrents, les bateaux à vapeur, sonneront le glas de cette épopée. Leur rapidité et l’ouverture du canal de Suez permettront d’acheminer le thé de Canton à New York en 40 jours !

L’activité des clippers se poursuit mais à la manière des champions vieillissants, en transportant du coton en Australie. Les derniers à faire le voyage furent le Thermophyle et le Cutty Sark….qui donna son nom à une marque de whisky qui existe toujours !

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