L’Inde

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Petit Historique

L’histoire du thé en Inde ne commence que vers la fin du XIX° siècle, mais les anglais se sont vite heurtés à leur manque de savoir-faire, et il faudra attendre que Robert Fortune ramène plans, savoir-faire et main d’œuvre pour que commence réellement un production digne de ce nom.

Cette production massive commence tout d’abord dans la région d’Assam, déboisée massivement afin de pouvoir planter le plus de théiers possible et enfin répondre à la demande croissante des anglais. Puis, dans les années 1855, on commence à récolter du thé dans le Nilgiri, et enfin à Darjeeling et sa région à partir de 1860.

Quelques Chiffres

A lui seul, ce « pays-continent » assure un tiers de la production mondiale du thé (900 000 tonnes annuelles), et fait vivre 1 000 000 de personnes. Et si seulement 15% de cette production est destinée à l’export, on note que les meilleurs crûs sont tous à destination de l’étranger ! Si l’Inde compte certains des plus grands jardins du monde, notamment à Darjeeling ou dans l’Assam, il est tout de même important de noter que la majorité de la production se compose de « CTC », thés bas de gamme destiné aux infusions rapides en sachet. La plupart des grands crûs indiens sont réservés à l’export.

Darjeeling

« Béni des dieux », « le champagne du thé », …. Les qualificatifs et les comparaisons ne manquent pas pour décrire cette région productrice du nord de l’Inde, sur les flancs de l’Himalaya. Darjeeling, la ville éponyme, qui signifie « cité de la foudre », fut un lieu de villégiatures pour les colons anglais, avant que l’on s’aperçoive que son climat et sa terre étaient idéals pour cultiver le thé.

Il s’agit là d’un thé d’altitude (entre 400 et … 2300 mètres !), avec quelques 20 000 hectares consacrés exclusivement à sa culture. Ses jardins sont impressionnants : pentes vertigineuses, paysages à couper le souffle avec leurs nuages comme accrochés aux plantations.

Devant le succès de ce thé, qui était produit dans 39 jardins en 1866, 113 jardins sont dénombrés en 1874. Aujourd’hui, ces jardins sont répartis entre 4 grands districts, qui produisent ce « champagne » au cours de cinq récoltes annuelles au goût très différencié.

Il est aussi important de noter que la plupart des jardins, qui ne le revendiquent pas forcément, produisent des cultures de thé bio.

Les différentes récoltes :
- first flush (récolte de printemps) : de mi-mars à fin avril, cette récolte est vive et délicate, sur des notes de fruits et fleurs blanches. Environ 20% de la production. C’est aussi, généralement, la récolte la plus prisée des amateurs.
- In-between : plus anecdotique (seulement 3% de la production), cette récolte a lieu courant mai. Un peu moins fraîche que la first flush, elle annonce la maturité de la récolte suivante
- Second flush (récolte d’été) : elle a lieu de mi-mai à fin juin. Cette récolte se caractérise par ses opulents arômes de muscat (« muscatel ») et de fruits mûrs. Elle représente ¼ de la production annuelle.
- Monsoon flush : de début juillet à fin septembre (pendant la mousson), cette récolte moins parfumée représente à elle seule la moitié de la production annuelle.
- Autumnal Flush (récolte d’automne) : cette récolte a lieu entre début octobre et fin novembre. Elle se caractérise en général par un goût très rond. Environ ¼ de la production annuelle.

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Assam

Egalement connue comme le « grenier à thé », cette région produit 500 000 tonnes de thé par an, en provenance de près de 2500 jardins différents.

Ses plantations sont gigantesques, on les trouve entre le fleuve Brahmapoutre, les contreforts de l’Himalaya au nord, les monts Patkoi et Naga au sud.

La majorité de la production est consacrée au CTC, cependant de nombreux jardins laissent une part belle au productions « orthodoxes », magnifiques d’opulence, épicés et charpentés, dont les jardins répondent au nom de Mokalbari, Doomni, Hattiali, Sockieting, Maud Sankar, etc., les deux derniers étant biologiques, une exploitation courageuse ici, étant donné les conditions particulièrement chaudes et humides.
L’année est rythmée par trois grandes récoltes :
- First Flush : entre mars et avril
- Second flush : de mai à juillet
- Récolte de mousson : en juillet-août. C’est la plus grosse part des récoltes, mais pas la meilleure qualité ! Elle se déroule dans des conditions à la limite du supportable : entre les trombes d’eau ravageuses, le soleil apparaît et la récolte se poursuit, le cortège des cueilleuses se mêlant aux serpents, aux insectes et autres bestioles sortant d’une terre surchauffée et trempée.
- Une autre récolte, anecdotique, peut avoir lieu entre septembre et décembre, mais elle ne donne rien d’extraordinaire.

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Nilgiri

Située dans le nord de l’Inde, cette région produit des thés très liquoreux, ronds en bouche et avec une pointe d’astringence.

Situés entre 1300 mètres et 2300 mètres d’altitude, les jardins du Nilgiri (appelé également « montagne bleue ») existent depuis le milieu du XIX° siècle. On y cultive aussi bien du thé que du café, dans des paysages renversants et magnifiques, ou les courbes vertes des collines, ponctuées par la silhouette élancée des cyprès, s’agrémentent de gommiers bleus, d’eucalyptus, de poinsettias géants.

La plupart des jardins n’excèdent pas 10 hectares, mais la région en réunit tout de même plus de 30 000, pour 175 000 tonnes produites annuellement ! Le climat et les théiers d’Assam permettent d’avoir des récoltes quasiment toute l’année. Les meilleurs et les plus rares sont récoltés au mois de janvier-février, ceux des quatre derniers mois de l’année sont les moins intéressants.

Les jardins les plus connus sont : Coonor, Parkside, Hakuval, Thialosa et le fameux Korakundha qui est la plantation, avec celle de Gopaldhara, à Darjeeling, la plus haute du monde.

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Sikkim, Dooars, Terai

Sikkim

Ce tout petit district, connu pour ses milliers de temples, ne possède qu’un jardin, « TEMI », au caractère très proche de ses voisins de Darjeeling.

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Dooars

Niché entre Darjeeling et Assam, cette région comporte près de 200 immenses jardins de plaines. Les 145 000 tonnes produites sont essentiellement consacrées aux CTC (pour la fabrication de sachets, qualités médiocres en général). Cependant, quelques crûs restent très intéressants, de par leur force (un peu moins marqué que pour les thés d’Assam), le liqueur foncée et épicée, avec de petites touches d’astringence agréables pour les amateurs.

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Terai

Il s’agit d’une région de plaine située au pied de Darjeeling, produisant des thés rustiques, à la force et l’astringence marqués.

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