3 – Le théier dans la plantation

univers_theier

Le théier pousse dans des plantations, de part le monde, appelées « Jardins » ; les feuilles récoltées dans les jardins seront par la suites transformées dans la « Tea Factory ».

La jeune pousse

Le théier est la plupart du temps obtenu par bouturage d’un plan mature. Le choix des théiers mères, sélectionnés par les agronomes (titre parfois pompeux, les meilleurs sélectionneurs étant tout simplement…les responsable de la plantation !), influence les goûts mis en avant dans chaque plantation, et ce pour longtemps. Ce choix est donc d’une importance capitale. Le jeune plan est alors conservé, et choyé dans une serre, appelé la « nursery » pendant 2 à 4 ans. Cette serre permet de ne planter le jeune théier qu’à partir du moment où il sera assez fort pour affronter les conditions climatiques parfois difficile des régions de production (comme à Darjeeling, où l’altitude, le froid et des pluies diluviennes soumettent les théiers à de dures épreuves).
Après avoir été planté le théier nécessite encore 2 ans avant de pouvoir produire un thé de qualité. Durant ce temps il va être taillé de nombreuses fois pour augmenter le nombre de ses ramifications.

Taille d’activation et taille de production

La taille est un élément indispensable de l’entretien du théier.
Chaque année plusieurs tailles légères sont effectuées, celles ci sont appelées « tailles d’activation ».Chacune des régions va avoir ses habitudes particulières pour gérer ses coupes. Pour les régions où il n’y a pas de période de dormance les coupes sont légères et régulières. Pour les terroirs connaissant un hiver une coupe importante est faite avant la dormance. A Darjeeling une coupe légère est effectuée après la récolte de printemps et au Japon une coupe est effectuée après chaque récolte.
Ensuite, tous les 4 à 5 ans, une coupe importante est effectuée, c’est la « taille de production » qui permet de limité réellement la taille du théier et de préserver sa vigueur. Dans cette taille seul le tronc et quelque rares branches sont conservés.

La cueillette

Comme on le verra dans le chapitre « les grades du thé », la qualité du thé dépendra pour une forte partie du type de cueillette effectuée au moment de la récolte.

On se contentera ici de citer :

  • La cueillette impériale n’inclura que le bourgeon et la première feuille en dessous de ce dernier
  • La cueillette fine, qui consiste à ne sélectionner que le bourgeons et les deux premières feuilles
  • La cueillette classique, qui elle comportera le bourgeon et les 3 premières feuilles.
  • La cueillette grossières, souvent effectuée à la cisaille, et qui peut comporter de nombreuses feuilles après le bourgeon
La cueillette est selon les régions extrêmement mécanisée ou au contraire totalement manuelle. Cette différence s’explique d’une part par l’hétérogénéité des richesses des régions productrices : le Japon a des machines d’une extrême technicité, quand la région d’Assam plus pauvre a une production forcément manuelle, car beaucoup moins coûteuse.
L’autre explication est celui du relief. La région de Darjeeling, un peu plus riche que celle d’Assam grâce à la forte valeur ajoutée de ses grands crus, a pu mécaniser tout le traitement de la feuille après la cueillette, mais ne peut pas faire passer de machine dans les jardins à cause de leurs reliefs chaotiques et abrupts.

Après la cueillette…

Après la cueillette la feuille de thé est rapidement envoyé à la manufacture pour être préparé c’est le talent du tea-maker qui va en développer ses finesses.
Blanc, jaune, vert, bleu, noir ou encore sombre dans le jardin ils sont tous identiques (même si certains pieds conviendront mieux à l’obtention d’un thé vert ou d’un thé noir par exemple). Et si du terroir, de l’ensoleillement et de la pluie dépendent la qualité de la feuille, c’est du travail de l’homme que va dépendre les caractères de chacune des couleurs du thé.

Un site utilisant WordPress